Documents de recherche

|

Rapport Fusac France Février 2026

February 26, 2026

Jelle Stuij

Télécharger le rapport
Introduction

Veuillez trouver ci-dessous le Rapport Fusac du mois Février 2026, une analyse basée sur la deuxième partie de 2025. Il s’agit d’une étude menée par Dealsuite, la première plateforme européenne pour les opérations de fusions-acquisitions. Cette édition contient les données et tendances du marché français des fusions-acquisitions du mid market (entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 et 200 millions d’€) pour cette deuxième partie de 2025.

Cette enquête a été conduite au sein de plus de 393 cabinets de conseil actifs dans le marché intermédiaire français des fusions-acquisitions.

Le but de ce rapport est d’établir périodiquement des observations du marché qui contribuent à une plus grande transparence de celui-ci. Ce rapport permet ainsi aux professionnels des fusions acquisitions de l’utiliser comme référence sectorielle. Nous sommes convaincus que le partage de ce type d’informations au sein de notre réseau mène non seulement à une croissance du nombre d’opérations, mais augmente aussi la qualité de celles-ci.

I  Opérations
L’activité transactionnelle est globalement restée stable, avec une légère tendance à la hausse.

Après des années de volatilité, l’incertitude est devenue la nouvelle norme sur le marché des fusions- acquisitions. Les acteurs du deal, en particulier dans le segment des PME, continuent de faire preuve de résilience et de capacité d’adaptation face à cette évolution structurelle. Selon le rapport Dealsuite M&A Deal Terms Report, on constate une nette augmentation du recours aux paiements différés ainsi qu’à d’autres mécanismes de partage des risques.

Au second semestre 2025, les perceptions de l’activité M&A parmi les conseillers étaient contrastées. Une majorité a fait état de volumes de transactions stables ou en hausse, tandis qu’un groupe légèrement plus restreint, mais néanmoins significatif, a signalé un recul de l’activité.

I  Opérations
La montée en puissance des transactions inférieures à 2,5 millions d’euros redessine la répartition des deals au second semestre 2025.

Au second semestre 2025, la composition des transactions s’est nettement orientée vers des opérations de plus petite taille par rapport au premier semestre de l’année. La part des transactions inférieures à 2,5 millions d’euros est passée de 48 % à 51 % (+3 points de pourcentage), renforçant la prédominance des deals de petite taille. Le segment compris entre 2,5 et 5 millions d’euros a enregistré le recul le plus marqué.

À l’inverse, les transactions supérieures à 10 millions d’euros ont légèrement progressé, passant de 12 % à 14 %, ce qui indique une hausse modeste de l’activité sur les deals de plus grande envergure, parallèlement à la prévalence persistante des transactions de plus petite taille.

II Évolutions sectorielles attendues
Le secteur Industrie & Production devrait être le principal moteur de la croissance des transactions au S1-2026.

Afin d’évaluer les évolutions attendues du marché, les conseillers en fusions-acquisitions ont été invités à indiquer les secteurs dans lesquels ils anticipent les changements les plus importants au premier semestre 2026. Chaque répondant a sélectionné un seul secteur. Les résultats sont présentés dans deux graphiques, qui mettent en évidence les trois secteurs les plus fréquemment cités pour les augmentations et les baisses attendues du volume des transactions.

Les résultats montrent que le secteur industrie & production est une nouvelle fois cité comme un domaine dans lequel une poursuite de la croissance de l’activité transactionnelle est attendue. Par ailleurs, les conseillers en France identifient les services aux entreprises et les services informatiques comme des secteurs dans lesquels un niveau élevé d’activité en fusions-acquisitions est anticipé.

Les conseillers anticipent une activité M&A relativement plus faible dans les secteurs de la distribution, de la construction & technologie d’installation, ainsi que de l’hôtellerie & tourisme. Le secteur construction & technologie d’installation est, une nouvelle fois, cité parmi ceux pour lesquels une activité transactionnelle plus limitée est attendue.

III Volume des dossiers
L’activité des mandats  demeure stable, avec une légère orientation à la hausse.

Une hausse ou une baisse du nombre de mandats dans les cabinets de conseil apporte un éclairage sur le deal flow attendu et le sentiment de marché. Les résultats sont présentés dans la figure 5 ci-dessous.

Il s’agit des mandats reçus au cours du second semestre 2025 et (partiellement) convertis en transactions durant la même période. Dans certains cas, ces mandats ne donneront lieu à une opération qu’au S1- 2026, ou seront encore abandonnés.

La figure 5 présente une situation contrastée : si la stabilité demeure prédominante, 37 % des conseillers M&A font état d’une augmentation des mandats, contre une proportion plus faible signalant un recul.

IV Valorisations par secteur
Le multiple moyen d’EBITDA reste stable à 5,25.

Les multiples d’EBITDA constituent une référence largement reconnue pour la valorisation d’entreprise, offrant une indication de ce que les acquéreurs sont prêts à payer selon les secteurs.

Dans le cadre de cette étude, les répondants ont communiqué leurs observations actuelles des multiples de transaction, sur la base de leurs analyses de marché ajustées. Ces résultats, présentés dans la figure 6, correspondent à des multiples calculés sur la valeur d’entreprise (EV) des sociétés acquises.

Le multiple moyen d’EBITDA est resté stable à 5,25 au second semestre 2025. Globalement, les multiples sectoriels présentent une évolution contrastée mais largement stable, avec plusieurs ajustements modérés à la hausse comme à la baisse.

IV Valorisations par secteur
Les écarts les plus importants ont été observés dans les secteurs du développement de logiciels et des médias, marketing & communication.

La valorisation d’une entreprise est intrinsèquement spécifique à chaque société et dépend d’un large éventail de facteurs, notamment les perspectives de croissance, la rentabilité, la position sur le marché et le profil de risque. Un multiple, à lui seul, ne constitue pas une méthodologie de valorisation complète, mais il représente un outil de contrôle utile, en particulier lors de l’analyse de transactions comparables à court terme.

La figure 7 illustre la dispersion des multiples d’EBITDA par secteur. Un même secteur peut regrouper un large éventail d’entreprises aux caractéristiques différentes, ce qui explique pourquoi certains secteurs présentent une dispersion plus importante des multiples que d’autres, dont les profils sont plus homogènes. La figure présente les fourchettes de valorisation typiques dans lesquelles se situent généralement les multiples d’EBITDA pour chaque secteur. En pratique, toutefois, des transactions peuvent également être conclues à des multiples sensiblement plus élevés ou plus faibles.

Afin de présenter une vision représentative d’une entreprise typique dans chaque secteur, et de montrer une plage dans laquelle se situe la majorité des entreprises, nous excluons les deux valeurs extrêmes les plus importantes par secteur.

V Multiples en fonction de la taille de l’entreprise
Une différence subsiste entre les multiples appliqués aux grandes entreprises et ceux des petites entreprises.

La taille d’une entreprise joue un rôle déterminant dans le niveau des multiples de valorisation. Pour les petites et moyennes entreprises (PME) en France, il est essentiel de quantifier précisément l’impact de la prime de petite taille (« Small Firm Premium »). Cela est particulièrement pertinent pour les entreprises dont l’EBITDA se situe entre 200 000 € et 10 000 000 €.

Des études ont montré que les petites entreprises présentent une probabilité plus élevée de ne pas atteindre leurs flux de trésorerie attendus (Damodaran, 2011 ; Grabowski et Pratt, 2013). Cela peut s’expliquer par des facteurs tels que la dépendance à certains clients ou fournisseurs, ou encore la dépendance à une expertise technique unique susceptible de disparaître si des employés clés quittent l’entreprise. Ces vulnérabilités peuvent affecter significativement le rendement d’une société et, par conséquent, sa valorisation. La prime de risque plus élevée associée aux petites entreprises, connue sous le nom de Small Firm Premium, entraîne une diminution de valeur. Ainsi, les multiples d’EBITDA des entreprises de plus grande taille sont en moyenne plus élevés que ceux des plus petites.

Les résultats de cette enquête confirment à nouveau que les entreprises affichant un EBITDA faible présentent un multiple plus bas que celles avec un EBITDA élevé. L’influence de la taille sur les multiples d’EBITDA payés est présentée dans la figure 8.

L’écart de multiple d’EBITDA entre les entreprises affichant un EBITDA normalisé de 200 000 € et celles de 10 000 000 € s’élève à 3 (3,9 contre 6,9).

V Multiples en fonction de la taille de l’entreprise

Pour les entreprises ayant un EBITDA inférieur à 200 000 €, nous ne calculons pas

de multiple pour les raisons suivantes:

  • Pour les petites entreprises, la prime de risque s’évalue au cas par cas.
  • L’EBITDA normalisé des petites entreprises n’est pas stable, il présente une forte variation annuelle en pourcentage, et n’est donc pas une unité de mesure sur laquelle nous pouvons baser une valorisation.
  • La valeur des petites entreprises dépend essentiellement du potentiel futur de l’entreprise. Pour une petite entreprise avec un fort potentiel, l’EBITDA en valeur absolue peut être amélioré ou même multiplié sans trop de difficultés.
VI Transactions internationales

Plus de la moitié des processus de cession durent plus d’un an.

La comparaison des multiples d’EBITDA entre différents pays met en évidence les avantages des trans- actions transfrontalières. Par exemple, il peut être intéressant d’acquérir une entreprise à l’étranger ou de céder une société à un acquéreur international. La figure 9 montre les différences de multiples d’EBITDA entre les marchés européens.

VII Durée du processus de vente
Un peu plus de la moitié des processus de cession ont une durée supérieure à un an.

La durée d’un processus de cession est influencée par des facteurs tels que la complexité du marché, le niveau de préparation du vendeur et la pression de financement pesant sur les acquéreurs. Le délai d’une transaction, depuis l’obtention du mandat jusqu’au closing, peut varier considérablement.

Les délais des processus de cession sont répartis en pourcentage entre les catégories présentées à la figure 10. La majorité (52 %) des processus de vente accompagnés par un conseiller M&A ont eu une durée supérieure à 12 mois.

VIII Motifs de vente
L’âge constitue la raison la plus fréquemment invoquée pour la cession d’une entreprise.

La cession d’une entreprise peut être initiée pour de nombreuses raisons. Dans certains cas, l’âge joue un rôle et aucune succession adaptée n’est disponible, tandis que dans d’autres, l’objectif est de sécuriser la valeur financière constituée au fil du temps. Dans d’autres situations, un nouveau type de management peut être nécessaire pour guider l’entreprise vers sa prochaine phase de croissance. En résumé, la motivation sous-jacente varie selon l’entrepreneur et le contexte.

Il a été demandé aux cabinets de conseil en fusions-acquisitions d’identifier les principales raisons d’une cession d’entreprise. Les raisons suivantes totalisent collectivement 100 % et sont présentées dans la figure 11.

VIII Motifs de vente
L’âge moyen des entrepreneurs qui vendent leur entreprise diminue.

L’âge et l’absence de succession au sein de la famille ou de l’entreprise demeurent la principale motivation de cession d’une entreprise dans un cas sur deux. Les conseillers ont également été interrogés sur l’âge moyen des entrepreneurs cédants ainsi que sur celui observé il y a dix ans. Sur la période des dix dernières années (2015-2025), l’âge moyen est passé de 60 à 56 ans.

IX Perspectives du marché
Les conseillers se montrent moins satisfaits du second semestre 2025.

L’évaluation de la performance et des perspectives du segment mid-market des fusions-acquisitions en France dépend de nombreux facteurs, notamment la volonté des vendeurs, l’accès au financement, les attentes en matière de valorisation et les conditions macroéconomiques générales. Afin de recueillir à la fois le sentiment actuel et les anticipations, les conseillers M&A ont été invités à évaluer le marché au

S2-2025 (rétrospectivement) et à fournir leurs attentes pour le S1-2026 (projection).

Le sentiment global à l’égard du second semestre 2025 était contrasté. Au total, 37 % des conseillers ont évalué le marché comme (légèrement) positif, tandis que 63 % ont exprimé un certain degré de sentiment négatif.

IX Perspectives du marché
Les conseillers restent confiants quant aux perspectives pour le premier semestre 2026.

À l’approche du premier semestre 2026, les attentes apparaissent plus équilibrées, avec une légère orientation vers l’optimisme. Au total, 54 % des conseillers se déclarent (légèrement) optimistes, tandis que 46 % expriment un certain degré de pessimisme, majoritairement modéré plutôt que fortement négatif. Cela suggère des perspectives en amélioration prudente.

X Paramètres

La majorité des opérations de fusions-acquisitions se situe dans le mid-market. Ce Rapport Fusac définit une entreprise appartenant au mid-market comme ayant un chiffre d’affaires compris entre €1 – €200 millions d’euros. Le rapport Fusac est basé sur un sondage qui a été envoyé à 393 cabinets de corporate finance en fusions-acquisitions. Compte tenu de l’ensemble de leurs apports, ils représentent une part essentielle des fusions-acquisitions (mid-market) en France. Dans cette édition, sur un total de 393 sociétés de conseil, nous avons reçu 105 retours (taux de réponse de 27%).

Sources utilisées :

  • Au total, 105 cabinets de conseil en fusions-acquisitions ont fourni des informations détaillées sur la base des transactions qu’ils ont accompagnées au S2-2025.
  • Bain & Company. (2023, March 28). How companies got so good at M&A.
  • Dealsuite deal database (2026)
  • Dealsuite. (2025). M&A mid-market trends report 2025.
  • Dealsuite M&A Monitors 2015-2025
  • Field, A. (2011) Discovering Statistics SPSS. Troisième édition, publications SAGE, Londres. 1 -822
  • Grabowski and Pratt (2013). Cost of Capital: Applications and Examples.
  • Graham, J., Harvey, C., Puri, M., 2010. Managerial Attitudes and Corporate Actions. Working Paper, Duke.
  • Questionnaire Dealsuite M&A Benelux, DACH, Royaume-Uni 2015-2025

Cette étude a été réalisée par Jelle Stuij et Roos Bijvoet. Si vous avez des questions concernant les résultats, n’hésitez pas à contacter Jelle Stuij. Pour plus d’informations sur Dealsuite, veuillez contacter Carla de Moel.

Insights