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L’âge et l’absence de succession demeurent la principale motivation de cession en France

February 26, 2026

Jelle Stuij

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L’âge et l’absence de succession demeurent la principale motivation de cession en France

26 février 2026

L’âge, combiné à l’absence de succession au sein de la famille ou de l’entreprise, reste la principale raison de cession en France, représentant près de la moitié (49 %) des transactions. Par ailleurs, les dirigeants cèdent leur entreprise plus tôt : au cours des dix dernières années, l’âge moyen des entrepreneurs vendeurs est passé de 60 à 56 ans.

Telles sont les principales conclusions de la dernière édition du Rapport Fusac France de Dealsuite, réalisée sur la base des contributions de 105 cabinets de conseil en fusions-acquisitions actifs sur le segment mid-market français (entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre 1 et 200 millions d’euros).

Une activité M&A globalement stable

Après plusieurs années de volatilité, l’incertitude s’est installée durablement sur le marché français des fusions-acquisitions. Néanmoins, l’activité au second semestre 2025 est restée globalement stable.

Le Dealsuite M&A Deal Terms Report met en évidence une utilisation croissante des paiements différés (deferred payments) et d’autres mécanismes de partage des risques, permettant de combler les écarts de valorisation et de sécuriser la poursuite des opérations dans un environnement incertain.

Selon les conseillers interrogés, 37 % ont constaté une hausse du nombre de transactions par rapport au S1-2025, tandis que 27 % ont observé un recul et 36 % n’ont noté aucun changement significatif. Ces données traduisent un marché résilient mais sélectif, dans lequel l’activité transactionnelle se maintient malgré des vents contraires macroéconomiques.

Évolution de la répartition des transactions par taille

La structure des opérations a continué d’évoluer au second semestre 2025. Les transactions de petite taille se sont renforcées : 51 % des opérations ont porté sur des montants inférieurs à 2,5 millions d’euros, confirmant la prédominance des small caps sur le mid-market français.

Par ailleurs, 18 % des transactions se situent dans la tranche comprise entre 2,5 et 5 millions d’euros. Dans le même temps, la part des opérations supérieures à 10 millions d’euros a progressé, passant de 12 % à 14 %, traduisant également un regain d’activité sur les transactions de plus grande envergure.

Un multiple moyen d’EBITDA stable à 5,25

Les valorisations sur le segment lower mid-market français sont restées stables au second semestre 2025. Le multiple moyen d’EBITDA s’établit à 5,25.

Historiquement, le lower mid-market tend à se redresser plus rapidement que l’upper mid-market en période d’incertitude économique, les opérations de plus petite taille étant généralement plus faciles à financer et permettant une plus grande flexibilité dans la structuration des transactions.

Il convient également de souligner que les multiples d’EBITDA varient fortement en fonction de la taille des entreprises. Les sociétés affichant un EBITDA plus faible se négocient généralement à des multiples inférieurs, en raison d’un profil de risque perçu comme plus élevé — phénomène souvent désigné sous le terme de Small Firm Premium. Les investisseurs appliquent ainsi une prime de risque plus importante aux petites structures, davantage exposées à la volatilité des flux de trésorerie ou à la concentration clients.

Les multiples sectoriels présentent une évolution contrastée, avec des ajustements modérés à la hausse comme à la baisse. Les secteurs Santé & Pharmaceutique (7,6) et Développement de logiciels (7,7) demeurent parmi les mieux valorisés. À l’inverse, certains secteurs tels que l’E-commerce ou l’Automobile, Transport & Logistique ont enregistré de légers ajustements à la baisse.

La moitié des processus de cession dépassent un an

Au second semestre 2025, la moitié des processus de cession en France ont excédé une durée d’un an, illustrant la complexité et l’exigence croissante des opérations sur le mid-market.

Selon Floyd Plettenberg, CEO de Dealsuite :
« Des délais plus longs ne sont pas le signe d’un ralentissement du marché, mais d’une plus grande prudence. Dans un environnement où l’incertitude est devenue structurelle, les acquéreurs prennent davantage de temps pour analyser les risques en profondeur. Cela se traduit par des due diligences plus poussées et une prise de décision plus équilibrée, pouvant allonger les calendriers de transaction. »

Industrie & Production en tête des perspectives pour le S1-2026

Pour le premier semestre 2026, les conseillers anticipent une dynamique accrue dans plusieurs secteurs clés. L’Industrie & Production devrait constituer le principal moteur de la croissance des transactions, suivie par les Services aux entreprises et les Services informatiques.

Fabienne Hanras, Présidente d’Eurallia, déclare :
« De réelles opportunités émergent dans l’industrie et les services aux entreprises, notamment dans les activités de maintenance et les modèles à forte récurrence. Les entreprises combinant résilience et revenus récurrents sont les mieux positionnées pour préserver visibilité et stabilité dans un environnement encore mouvant. »

Malgré une incertitude persistante, le mid-market français démontre une résilience structurelle. Les enjeux de transmission liés à l’âge des dirigeants, la stabilité des valorisations et le dynamisme des small caps laissent entrevoir une activité M&A soutenue dans les mois à venir.

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