Communiqués de presse et médias

|

Les attentes de valorisation des vendeurs trop élevées dans près de la moitié des processus de transactions en France

Jelle Stuij

Télécharger le rapport

27 août 2026

Dans près de la moitié des processus de transactions M&A en France (49 %), les conseils rapportent que les attentes de valorisation des vendeurs sont trop élevées, un écart qui atteint en moyenne 22 % et qui entraîne l'échec de la transaction dans 24 % de ces cas. L'activité transactionnelle évolue également, avec une part des transactions supérieures à 10 millions d'euros en forte hausse.

Ce sont quelques-uns des principaux enseignements de la dernière édition du Rapport Fusac de Dealsuite, qui suit le marché mid-market français tous les six mois.

Un écart persistant, désormais quantifié

Depuis plusieurs années, Dealsuite identifie les attentes irréalistes des vendeurs comme la principale cause d'échec des transactions sur le marché français. Cette édition est la première à mesurer directement l'ampleur du phénomène : sa fréquence, son importance, et sa capacité à faire échouer une transaction.

Plutôt que de renoncer à la transaction, les conseils structurent de plus en plus leurs opérations pour composer avec cet écart. Selon le Deal Terms Report de Dealsuite, les paiements différés et d'autres formes de partage du risque entre acheteur et vendeur sont utilisés de plus en plus fréquemment, un signe que le marché s'adapte à cet écart plutôt que de le laisser systématiquement faire échouer les transactions.

Floyd Plettenberg, CEO de Dealsuite, estime que ces chiffres viennent enfin confirmer ce que les conseils ressentent depuis des années : « Une transaction n'échoue généralement pas parce qu'un acheteur se retire sans raison. Elle échoue parce que le vendeur reste attaché à un chiffre que le marché n'est pas prêt à payer. Nous avons désormais mesuré cet écart, et sa fréquence réelle dans l'échec des transactions. C'est ce type de transparence qui permet d'éviter les blocages et de conclure davantage de transactions. »

La répartition des transactions bascule nettement vers les opérations de plus grande taille

La structure des transactions s'est nettement orientée vers le haut du marché au S1-2026. La part des opérations supérieures à 10 millions d'euros est passée de 14 % à 23 %, soit une progression de 9 points de pourcentage, tandis que toutes les tranches supérieures à 2,5 millions d'euros ont progressé. Les transactions inférieures à 2,5 millions d'euros ont fortement reculé, passant de 51 % à 30 %, soit une baisse de 21 points de pourcentage, le plus important mouvement enregistré à ce jour dans cette série.

Le volume global de transactions est resté globalement stable : 32 % des conseils ont constaté une hausse du nombre de transactions conclues par rapport au S2-2025, contre 29 % faisant état d'une baisse, les 39 % restants n'observant aucun changement.

Industrie & Production dépasse Services informatiques comme secteur le plus recherché

Le nombre moyen d'acquéreurs sérieux par entreprise à céder est passé de 8,0 à 8,3 au S1-2026. Industrie & Production enregistre la plus forte progression, en hausse de 1,8 point à 13,0, et devient le secteur le plus recherché, dépassant Services informatiques, qui accuse la plus forte baisse (-0,8 point, à 11,3). Services aux entreprises attire également nettement plus d'intérêt, en hausse de 2,0 points à 12,0.

Hôtellerie & Tourisme (-0,6 point) et Médias, Marketing & Communication (-0,5 point) enregistrent les baisses les plus marquées de l'intérêt des acquéreurs.

Le multiple d'EBITDA moyen reste stable à 5,3

Les valorisations sur le marché mid-market français sont restées globalement stables, le multiple d'EBITDA moyen demeurant inchangé à 5,3, désormais parfaitement aligné sur la moyenne paneuropéenne. Le développement de logiciels reste le secteur le plus valorisé, à 7,9 (+0,2), suivi par Services de santé & Produits pharmaceutiques (7,7, +0,1) et Services informatiques (7,2, +0,1). Développement de logiciels, Agro-alimentaire et Construction & Technologie d'installation affichent les plus fortes hausses, chacun à +0,2 point, tandis que Industrie & Production enregistre la baisse la plus marquée, à -0,2. Le commerce de gros reste le secteur le moins valorisé, à 4,0.

La taille de l'entreprise reste un facteur déterminant de la valorisation : les multiples des petites entreprises (200 000 € d'EBITDA) s'établissent à 3,9, contre 7,0 pour les grandes entreprises (10 millions € d'EBITDA), soit un écart de 3,1 points, qui traduit la « prime de petite taille » (Small Firm Premium) appliquée pour compenser le profil de risque plus élevé des petites entreprises.

Comme l'explique Krzysztof Giecold, Managing Partner chez ACQMASTER : « Les TPE et PME se négocient entre 4 et 5 fois l'EBE, contre 6 à 8 pour les entreprises moyennes et grandes, car leur risque est plus concentré. D'abord, elles sont plus dépendantes de leur actionnaire-dirigeant, ensuite leur clientèle est moins diversifiée et, enfin, le plus souvent franco-française. La taille et l'ouverture à l'international permettent de faire baisser ce risque, grâce notamment à une équipe de management, une clientèle plus large et une présence dans plusieurs pays au lieu d'un seul. »

L'optimisme atteint 63 % pour le S2 2026

Pour la suite, la confiance continue de se renforcer : 63 % des conseils se déclarent optimistes pour le S2-2026, contre 57 % qui portaient un regard positif sur le S1-2026 avec le recul. La part des conseils franchement optimistes a presque doublé, passant de 12 % avec le recul à 21 % pour les perspectives.

Services aux entreprises devrait connaître la plus forte hausse de l'activité transactionnelle au S2-2026, suivi par Industrie & Production et Développement de logiciels. Côté baisse, les conseils citent le plus souvent Automobile, Transport & Logistique, devant Distribution et Hôtellerie & Tourisme.

Comme l'explique Fabienne Hanras, Présidente et Associée chez Eurallia Finance : « Face au ralentissement des investissements par manque de visibilité économique et politique (élections en France l'an prochain, tensions politiques internationales), les entreprises vont avoir besoin de maintenir leur parc marchande et infrastructures, idem pour les collectivités territoriales. Par conséquent, nous pensons que tous les services de maintenance seront sollicités. Les acquéreurs sont également à la recherche de sociétés présentant une certaine récurrence du chiffre d'affaires. »

Dans leur ensemble, ces données dessinent un marché mid-market français qui poursuit sa dynamique : une répartition des transactions basculant nettement vers des opérations de plus grande taille, un écart de valorisation désormais mesuré pour la première fois, et une confiance qui se renforce à l'approche du S2-2026.

Insights